Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

L’Arctique se réchauffe

par Par George Nicolas Ifft, 7 Décembre 2016, 20:56 Climatosceptique Réchauffement climatique Dérèglement climatique Changement climatique

 

En date du 10 octobre 1922 le Consul américain à Bergen, Norvege, a envoyé le rapport suivant au Département d’Etat à Washington, DC.

 

L’Arctique semble se réchauffer.

Des rapports de pécheurs, chasseurs de phoques et d’explorateurs qui naviguent dans les mers qui entourent le Spitzberg et l’Arctique de l’Est indiquent tous un changement radical des conditions climatiques et de hautes températures jamais vues dans cette partie du monde.

 

En aout 1922 le Ministère Norvégien du Commerce a envoyé une expédition au Spitzberg et à l’Ile aux Ours sous la direction du Dr Adolf Hoel, professeur de géologie à l’université de Christiania.

Son but était d’explorer et de cartographier les terres adjacentes aux mines norvégiennes de ces iles, faire des relevés des eaux adjacentes et faire d’autres recherches océanographiques.

 

Le Dr Hoel, qui vient de rentrer, signale la localisation de couches de charbon jusque-là inconnues sur la rive Est de Advent Bay – des couches de vastes proportions et de qualité supérieure.

Ceci est considéré de la plus haute importance, étant donné que la majorité du charbon exploité par les compagnies norvégiennes n’était pas jusque-là de la meilleure qualité.

 

Les observations océanographiques ont été encore plus intéressantes. L’état de la glace était exceptionnel.

 

En fait, on n’avait jamais remarqué aussi peu de glace.

L’expédition a établi un véritable record, navigant jusqu’à 81° 29’ de latitude Nord sans glace.

C’est le plus au Nord jamais atteint avec des appareils océanographiques modernes.

 

La condition des eaux du grand bassin polaire était pratiquement inconnue jusqu’à maintenant.

Le Dr Hoel rapporte qu’il coupa une partie du Gulf Stream à la latitude de 81° Nord et fit des sondages jusqu’à 3100 m.

Ceux-ci montrent un Gulf Stream très chaud, qui a pu être suivi comme courant de surface jusqu’au-delà du 81ème parallèle.

La chaleur des eaux rend probable que les conditions glaciaires favorables dureront encore quelque temps.

 

Plus tard une section du Gulf Stream a été croisée au large de l’ile aux Ours et des Isfjord ainsi qu’une section du courant froid qui descend le long de la côte Ouest du Spitzberg au large du cap sud.

 

En liaison avec le rapport du Dr Hoel, il faut noter l’été inhabituellement chaud dans l’Arctique norvégien et les observations du capitaine Martin Ingebrigtsen, qui navigue dans l’arctique de l’Est depuis 54 ans.

Il dit qu’il a remarqué des conditions chaudes pour la première fois en 1918 et que depuis cette époque il a fait de plus en plus chaud et que cette région de l’Arctique ne ressemble pas du tout à celle de 1868 à 1917.

 

De nombreux paysages ont tellement changé qu’ils ne sont pas reconnaissables.

Où on trouvait antérieurement de grandes quantités de glace il n’y a souvent que des moraines et des accumulations de terre et de pierres.

En de nombreux endroits où des glaciers s’étendaient loin dans la mer ils ont maintenant entièrement disparu.

 

Le changement de température a aussi apporté de grands changements dans la flore et la faune de l’Arctique.

Cet été il a cherché les poissons blancs dans les eaux du Spitzberg. Auparavant on en trouvait de grands bancs.

Cette année il n’en a pas trouvé, bien qu’il ait visité toutes les anciennes zones de pêche.

 

Il y avait peu de phoques dans les eaux du Spitzberg cette année, les prises étant très en dessous de la moyenne.

Ceci pourtant ne l’a pas surpris. Il fit remarquer qu’antérieurement les eaux du Spitzberg restaient l’été autour de 3° Celsius ; cette année on a enregistré des températures jusqu’à 15° et l’hiver dernier l’océan n’a pas gelé même sur la côte Nord du Spitzberg.

 

Avec la disparition du poisson blanc et des phoques sont apparus d’autres espèces dans ces eaux.

Cette année on a trouvé de grands bancs de hareng sur la côte ouest du Spitzberg depuis le fretin jusqu’au véritable grand hareng.

On a rencontré aussi des bancs d’éperlans.

Monthly Weather Review, November 1922 (American Meteorological Society)

(Traduction Serge Monier, décembre 2016)

 

(NDLR :  Tient çà fait un peu "redite" ce truc de 1922 !!)

commentaires

Haut de page