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COP21 ? Encore un truc pour rien

par Benoit RITTAUT 1 Septembre 2016, 14:50 Réchauffement climatique Dérèglement climatique Changement climatique COP21

COP21 ? Encore un truc pour rien

Je l’avais bien dit…

…mais je n’en tire aucune gloire particulière. Parce qu’il suffisait d’avoir deux sous de jugeotte pour savoir que le grand barnum de la COP21 n’était rien d’autre qu’un happening de plus pour permettre aux climatocrates de tout poil de se faire mousser une millième fois. Aujourd’hui, nos malheureux sauveteurs de planète ont la gueule de bois.

Dans mon dernier bouquin, j’ai écrit ceci (p. 191) au sujet de l’issue de la COP21 :

"Comment tant de gens ont-ils pu, en ce soir du 12 décembre 2015, renoncer à ce point à toute rigueur intellectuelle ? Accepter de se faire les relais d’une si banale entreprise de communication politique ? Quelle étrange appréhension les retient de dire l’évidence ? Est-ce tout simplement qu’ils n’ont pas lu l’accord et se fient aux mines réjouies de leurs initiateurs ? Quant à ces derniers, comment arrivent-ils à danser de façon si joyeuse sur le cadavre de leurs espérances passées ?"

On ne peut comprendre ces étranges paradoxes que si l’on identifie la réalité profonde de l’accord : qu’il s’agisse des négociateurs, des experts du GIEC ou des journalistes militants (ce qui, en fait de climat, est un pléonasme), le contenu n’a pas d’importance.

La forme seule compte. Nous ne sommes pas dans le monde mais au théâtre. L’objectif réel de la COP21 était, depuis le début, que d’une façon ou d’une autre tout le monde accepte de continuer à faire semblant.

Tout va bien tant que l’on peut continuer à jouer à sauver la planète dans des réunions du même type.

Le « succès » affiché n’a donc pas eu lieu malgré la vacuité abyssale de l’accord, mais grâce à celle-ci. La grande fête n’avait pas pour fonction d’être utile à la « cause climatique », mais de justifier que l’on continue à débattre, à organiser, à prévoir, à s’alarmer, à s’affronter…

À jouer à faire semblant d’écrire l’histoire, en somme.

La forme interrogative des phrases du premier paragraphe témoigne de mon étonnement d’alors devant le fait que personne ne semblait capable de voir l’évidence. À présent, certains ont l’air de se réveiller.

Le Grand Timonier Fabius (dont la charge de nouveau président du Conseil Constitutionnel semble lui laisser quand même le temps de faire semblant d’être toujours le président de la COP) s’est alarmé l’autre jour dans le Journalderéférence de ce que, tiens tiens, les actes ne suivent pas les discours.

(Non, je ne commenterai pas cette fois-ci les inepties climatiques qu’il débite en introduction de son papier, c’est vraiment trop navrant.) L’inénarrable Libé a rebondi aujourd’hui pour s’alarmer de l’inertie collective sur le mode « pourtant c’était cool la COP21, mince alors », non sans donner la parole une fois de plus aux mêmes, à savoir les « experts » du Réseau Action Climat et ceux de la fondation Nicolas Hulot.

Je dois reconnaître que je m’étais trompé aussi, car je ne pensais pas que même le processus de ratification de l’accord de Paris poserait tant de problèmes. Après tout, l’accord étant vide, une ratification ne coûte rien.

Mais il faut croire que la comédie avait si peu d’importance que tout le monde est passé à autre chose à peine l’accord signé.

Rassurons nos carbocentristes inquiets sur un point : nul doute qu’un jour prochain une « grande avancée » sera enregistrée, avec un « élan nouveau » conduisant à une « grande vague de ratifications » qui permettra de « relancer le processus ». Ce sera l’épisode n+1 de la série Les lendemains climatiques qui chantent.

Et les journalistes et décideurs sauveurs de planète seront tout contents d’oublier que, ratifié ou pas, un accord vide n’engage de toute façon pas à grand chose.

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