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Climat = Les marchands de contre-vérités

par Benoit RITTAUD 24 Septembre 2016, 17:13 Climatosceptique

Climat = Les marchands de contre-vérités

Vu ici

Je l’avais ratée, cette tribune de Libé qui s’en prend à Sarko-l’Infâme-Climatosceptique, cosignée par les climatocatastrophés habituels que sont Christophe Bonneuil, Jean Jouzel, Geneviève Azam ou encore Stefan Aykut (plus deux ou trois autres).

Et ç’aurait été dommage de ne pas y revenir, tant il est réjouissant de voir leur désespoir grandir à ce point. Pour qu’ils débitent du n’importe quoi de façon si grossière, c’est à l’évidence qu’ils sentent que leur débâcle est proche.

Or donc, comme on le sait désormais, Nicolas Sarkozy s’est déclaré climatosceptique, et a enfoncé le clou quand la question lui a été reposée. Il a, nous dit cette tribune de Libé dans un style pompeux particulièrement ridicule, « fait naufrage sur les rives dangereuses, mais vouées à disparaître sous la montée des eaux, des «marchands de doute»« .

Car sachez-le, se poser des questions, c’est mal.

Des experts l’ont dit, et le résultat est « indiscutable« , point final.

La preuve que le climat se détraque selon ce parterre de signataires qui savent, eux, comment il faut penser ?

Météo ou Climat ?

C’est très simple : il n’y a plus de saison, on nous détraque le temps, d’ailleurs voyez l’été qu’on a eu, si c’est pas la preuve, mon bon monsieur ! J’en entends qui se disent que j’en rajoute, alors lisez plutôt leurs propres termes :

"..les conséquences des dérèglements climatiques se font, chaque année passant, plus durement sentir : notre printemps exceptionnellement pluvieux, notre été exceptionnellement chaud, et le flot des réfugiés climatiques jetés sur la route par ces dérèglements globaux ne nous le rappellent-ils pas au quotidien ?"

Il fut un temps où les climatologues nous expliquaient qu’il ne fallait pas confondre la météo et le climat, la première concernant le temps qu’il fait « au quotidien » tandis que le second concernait les tendances. Ils nous expliquaient aussi qu’il fallait regarder les choses de façon globale, sans se limiter à notre petit coin de terre.

Apparemment, il semble que le « message d’urgence » ait fait disparaître ce besoin de profondeur temporelle et spatiale.

Qui sont les réfugiés climatiques ? les Syriens ?

La contrevérité la plus flagrante et la plus odieuse est le passage sur le « flot des réfugiés climatiques« , un flot tout droit sorti de l’imagination des auteurs.

La formulation est suffisamment vague pour qu’on ne sache pas à quels réfugiés ils font allusion, mais si par le plus grand des hasards il s’agissait des migrants syriens, alors on ne pourrait que dénoncer une instrumentalisation particulièrement dégueulasse (pardon du terme, je n’en vois pas d’autre) du malheur d’autrui à des fins partisanes.

Le drame syrien a de multiples causes au milieu desquelles le climat ne peut même pas prétendre jouer un rôle secondaire (pour ceux que ça intéresse, j’ai analysé la question au chapitre 4 de mon dernier bouquin).

Si nos amis carbocentristes inquiets en doutent, ils peuvent toujours aller demander aux migrants ce qu’ils ont fui : le « réchauffement climatique » (d’origine humaine ou pas) ou la guerre civile. S’ils veulent parier avec moi sur le résultat, c’est quand ils veulent.

Autre contrevérité majeure dans cette tribune de Libé :

Les forces politiques, économiques et médiatiques qui nient le réchauffement climatique, ou son caractère anthropique, ont d’ailleurs récemment perdu beaucoup du terrain. Jusqu’à la déclaration de Nicolas Sarkozy, elles avaient quasiment disparu en Europe.

Du pur délire, comme on a pu par exemple le lire lundi dans L’Opinion (dans un article pourtant tout sauf climatosceptique : les seuls Français qui y sont interrogés sont le décroissanciste inquiet de la fin du pétrole Jean-Marc Jancovici, et la teneuse de « registre des climatosceptiques » Corinne Lepage, c’est dire).

Les conséquences économiques fâcheuses des politiques

En réalité, le climatoscepticisme politique se développe partout, notamment sous l’effet des conséquences économiques fâcheuses des décisions prises au nom du climat ces dernières années.

(Voyez par exemple cet article impitoyable de Rémy Prud’homme sur les résultats de la transition énergétique espagnole.)

Nos carbophobes n’ont pas dû entendre l’avis du gouvernement polonais sur la question, ni être mis au courant que Theresa May a fait disparaître le département de l’énergie et du changement climatique des portefeuilles gouvernementaux britanniques, en même temps qu’elle nommait le peu carbocentriste Boris Johnson ministre des Affaires étrangères.

Ils ne doivent pas non plus avoir entendu parler des hoquets de l’Energiewende, la transition énergétique allemande sauveuse de planète. Mais peut-être croient-ils que la politique se réduit aux déclarations…

Les vérités tordues continuent juste après :

[Les forces climatosceptiques] semblaient également en perte de vitesse aux États-Unis où l’accumulation de catastrophes climatiques a conduit de nombreux Américains à abandonner leur position climato-sceptique.

Voir l’évolution sur la question, selon l’institut Gallup, figure 1

Un petit pic en 2016, nullement sans précédent, au sein d’une courbe extrêmement extrêmement fluctuante : voilà sur quoi nos auteurs peuvent se fonder pour nous vendre une « perte de vitesse » des climatosceptiques américains.

Celle-ci étant, de leur aveu même, causée par une « accumulation des catastrophes climatiques » (autre contrevérité que cette confusion climat/météo, mais on n’est plus à ça près), on peut parier sur une chute dès le retour d’un temps plus clément.

Vu comme les carbocentristes lisent cette courbe, on comprend mieux certaines choses…

Allez, une dernière pour la route. S’opposant à la peur démographique de Nicolas Sarkozy (ce qui, a priori, aurait pu avoir mon soutien), les climato-alarmistes de garde écrivent ceci :

Soyons précis : rien n’empêche d’agir pour que les émissions de gaz à effet de serre – et plus largement l’empreinte écologique – des pays du Sud n’explosent pas.

Mais le plus sûr moyen d’y parvenir n’est pas de stériliser les pauvres, mais bien de s’assurer que le mode de vie occidental, insoutenable, ne soit pas étendu aux quatre coins du globe.

Je ne sais pas vous, mais moi je traduis ça par : on veut bien des pauvres à condition qu’ils continuent à crever dans la misère. Par exemple, selon la propre logique des auteurs, on devrait refuser l’entrée aux migrants puisque ceux-ci, une fois en Europe, risqueraient d’adopter ce « mode de vie occidental insoutenable » qui consiste à pouvoir manger à sa faim une nourriture saine et variée, à se loger décemment, se vêtir, se soigner…

Bien sûr, malgré Nicolas Sarkozy ou Donald Trump, tout le monde n’est pas encore devenu climatosceptique. Ce n’est pas pour autant que tout le monde a peur du temps qu’il fait.

Qu’on se le dise : au-delà des déclarations de circonstances dans les dîners en ville, la climatophobie se cantonne à quelques cénacles universitaires dont l’influence déclinante est justement attestée par la sortie de Nicolas Sarkozy.

Ce dernier a probablement parfaitement identifié que se déclarer climatosceptique était une bonne occasion de créer l’événement sans risquer grand chose en terme électoral.

Alors quand la tribune de Libé se conclut par

"Nous n’avons plus de temps à perdre. Il en va de notre avenir. Et d’une campagne présidentielle qui ne vire pas à la caricature mais qui s’occupe des grands défis du XXIe siècle"

j’ai envie de dire : chiche !

Occupons-nous des grands défis !

Or que nous disent les citoyens sur les sujets qu’ils considèrent comme les plus importants ? Réponse dans ce sondage commandité par l’ONU l’an dernier : éducation, santé, emploi. Le climat, quant à lui, est dépassé même par la question de l’accès à internet !

Voir la figure 2

La place du « défi climatique » dans les préoccupations collectives ? Bon dernier.

Espérons que nous puissions bientôt dire : bon débarras.

Figure 1

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Figure 2

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