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Robots et emploi : le risque du "chômage technologique"

par jlduret 19 Mai 2016, 12:45 robot

Robots et emploi : le risque du "chômage technologique"

Les robots creusent-ils le chômage ou sont au contraire des moyens de créer des nouveaux emplois ?

Pendant un mois, la rédaction de Clubic enquête sur ce mouvement de fond, et vous livre chaque semaine une partie de la réponse.

Les emplois vont changer de nature

La robotique, et plus largement le numérique, vont avoir un impact très important sur l'emploi de tous les pays industrialisés. Les emplois vont changer de nature, leur répartition géographique va être bouleversée mais, plus généralement, c'est le salariat qui va être profondément remis en cause dans les prochaines années.

Cet article est la suite de notre dossier consacré à l'impact de la robotique sur l'emploi : Les robots peuvent créer des emplois

Les économistes ont baptisé le phénomène le « chômage technologique »

Des emplois supprimés du fait des progrès techniques. Ce fut le cas pour les canuts, les palefreniers et, plus récemment, de nombreux postes d'ouvriers non qualifiés dans les usines automobiles ont été remplacés.

Seront concernés demain des postes dans le tertiaire, qu'ils soient peu qualifiés comme les caissiers de supermarchés, mais aussi dans les centres d'appel ou les conseillers bancaires.

Des métiers jusqu'ici à l'abri de la robotisation, comme la logistique, peuvent être automatisés par des drones ou des robots comme le Dominos DRU livreur de pizza.

Pour Romain Lucazeau, Senior Project Manager chez Roland Berger Strategy Consultants le phénomène va bien au-delà de la robotique seule : « A long terme, il y a une probabilité forte d'automatisation de 42% des emplois que l'on connait aujourd'hui. Cela ne dit pas que ces emplois vont directement disparaître, ce sont des postes qui vont être fortement automatisés. La digitalisation, dont la robotique n'est qu'un aspect, mais qui englobe aussi le commerce en ligne, le self-service, etc. »

De multiples fonctions vont connaitre des gains de productivité spectaculaires, comme ce fut le cas lors des précédentes révolutions industrielles.

Cette révolution du numérique va s'étendre à de très nombreux métiers industriels, d'exécution, dans l'agriculture et dans les services.

Des métiers qui, jusqu'à aujourd'hui n'étaient pas automatisables, qui vont l'être de plus en plus à l'image des métiers de la livraison, de la logistique.

Des robots participent à la préparation des commandes dans les entrepôts d'Amazon et de multiples projets de drones et robots de livraison sont en phase de test partout dans le monde.

Le numérique et la robotique ne vont pas toucher uniquement que le secteur industriels ou le secteur primaire

Des métiers tels que le juridique, l'audit vont être touchés par le Big Data et des gains de productivités significatifs.

Personne ne peut dire dans quelle mesure la création de nouveaux postes pourra compenser les millions d'emplois bousculés par le numérique. « Nous allons assister à une migration de fonctions de front office vers des activités de conseil, pertinentes dans la relation avec le public », considère Romain Lucazeau.

« Les bots conversationnels répondent très bien aux questions simples de premier niveau et une masse de gens qui font aujourd'hui du front office vont devoir migrer vers des activités à plus haute valeur ajoutée. »

Même des métiers très qualifiés comme le médecin généraliste va être aidé par des logiciels dans leur diagnostic avec des intelligences artificielles comme IBM Watson déjà utilisé aux Etats-Unis pour diagnostiquer des cas de cancer.

« Cela ne veut pas dire qu'il y aura moins de médecins, mais ceux-ci auront le temps de parler avec leurs patients ce qui n'est plus le cas aujourd'hui, faute de temps », estime l'analyste.

Robots et emploi : le risque du "chômage technologique"

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