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Climat et science

par Par Édouard de Lestrange 14 Décembre 2015, 08:42 Climat Réchauffement climatique Dérèglement climatique Changement climatique COP21 Ecologie

Climat et science

Bilan mitigé

Il ne devrait y avoir ni pensée manichéenne ni censure dans le débat public, mais de la prudence dans les conséquences à tirer de ce bilan mitigé.

Quelques éléments de réflexion sur le débat écologique actuel.

Il s’agit de ne pas se tromper de débat, justement : c’est la politique qui occupe davantage les communs de mortels que nous sommes, généralement profanes sur les questions scientifiques et donc peu à même d’aborder le fond du débat scientifique.

Le débat scientifique n'est pas clos

Quelques remarques, néanmoins, sur le débat scientifique : force est de constater qu’il n’est pas clos aujourd’hui, et que le « consensus » si souvent mis en exergue ne justifie en rien le musellement des scientifiques « climato-réalistes » (pour le dire plus positivement).

Déplorons la pensée quasi unique dès qu’il s’agit de parler de climat. Car s’il est bien un domaine où la majorité n’a jamais fait office de preuve, c’est bien le domaine scientifique (on croirait, sinon, encore, que la Terre est plate et que le Soleil en fait le tour).

Ecouter les avis divergents

Je ne prétends bien sûr pas détenir la vérité sur le réchauffement du climat (et non climatique, au passage) en tant que tel, seulement je refuse de ne pas écouter ceux qui, tout aussi légitimes ou aux parcours non moins honorables (puisque cela compte) que d’autres, en contestent l’exactitude, sinon carrément l’existence.

On trouve ainsi des avis divergents au sein même de l’Académie des Sciences, et il est regrettable que les minoritaires soient discrédités dès qu’ils tentent d’exprimer leurs points de vue.

Le consensus ne justifie pas le boycott des avis divergents qui, qu’on le veuille ou non, sont une réalité dont le déni quasi systématique n’est pas acceptable, voire alimente, à mon sens, un degré de suspicion à l’égard du « Camp du Bien ».

Plusieurs arguments méritent au moins réflexion

17 ans sans augmentation, au moins

D’abord, la question des outils de mesure du réchauffement se pose – le GIEC lui-même a pu admettre ses erreurs sur une période (courte, certes, mais tout de même) de 17 ans.

Ensuite, si réchauffement du climat il y a, la nature anthropique de celui-ci n’est pas non plus scientifiquement démontrée et, en tout cas, fait encore débat, ainsi que l’illustre, par exemple, cet article de Forbes :

« For example, among those meteorologists who believe global warming is happening, only a modest majority (59%) believe humans are the primary cause. More importantly, only 38% of respondents who believe global warming is occurring say it will be very harmful during the next 100 years. »

Le lien entre CO2 et T° n'est pas sûr

Quant au lien de causalité entre émission de CO2 et réchauffement du climat, certains estiment que le second entraîne une hausse de la première. Par ailleurs, sur la banquise d’été qui fond, on peut également lire que les causes seraient à chercher ailleurs.

Le débat scientifique est et doit rester encore ouvert, et il ne doit pas être instrumentalisé, comme c’est très souvent le cas, dans le débat politique.

Le débat est Politique alors qu'il devrait être scientifique

En effet, le débat scientifique du réchauffement tombe facilement entre les mains du débat politique, qui a une fâcheuse tendance à verser dans le réchauffisme (à tendance alarmiste, donc), ce « phénomène social qui s’est construit à partir du réchauffement, et qui comprend une explication, des projections de catastrophes, la désignation d’un coupable, le CO2, promu au statut d’ennemi public n°1, la mise en œuvre de politiques révolutionnaires » (cf. cet article du Figaro).

Comme le note l’éditorialiste de Contrepoints H16, « l’aspect politique (attaché à une facture de plus en plus longue) des mouvements écologistes n’échappe plus à personne ».

Le "fascisme vert"

Mais là encore, la pensée unique, que d’aucuns n’hésitent pas à qualifier de « fascisme vert », va bon train, contribuant à la création d’un climat – sans jeu de mots – malsain et aux antipodes des sacro-saints principes de libertés d’expression et de démocratie, pourtant brandis pour un oui, pour un non, par ces mêmes personnes qui pratiquent la censure verte.

Il suffit d’observer le traitement de Philippe Verdier sur France 2 ou encore la réaction totalement disproportionnée, sur iTélé, de ce professeur à SiencesPo, François Gemenne, qui, au bord d’une crise de nerfs propice à l’émission de CO2 , prône littéralement et sans complexe la censure face à son contradicteur, un scientifique calme et non violent. Et que dire de cette liste des « hors-la-loi de la COP » disponible en ligne ?

Outre le fait que les débats scientifiques sont largement récupérés par les politiques (ainsi, aux USA, le gouvernement allouerait largement plus de fonds aux pro-climat), la question des conséquences à en tirer sur le plan, plus pragmatique, de l’économie, est cruciale.

On entend déjà l’argument du « mieux vaut essayer de réduire la pollution ou d’améliorer nos modes de consommation d’énergie que de ne rien faire ; on a tout à gagner », façon Arnold Schwarzenegger récemment.

Difficile de ne pas tomber d’accord sur la finalité, encore faudrait-il que le premier point soit résolu, mais admettons le principe de prudence – plutôt, soit dit en passant, que de précaution – mais celle-ci ne doit pas occulter la question centrale des moyens mis en œuvre par la classe dirigeante : or là encore, ceux-ci sont, trop souvent, et non pas systématiquement (exit en effet la pensée binaire !) pas ou peu efficaces, voire contre-productifs : ainsi l’affaire des portiques écotaxe qui coûta a minima quelques 800 millions d’euros, ainsi le scandale de la corruption du juteux marché de l’éolienne mais aussi les externalités négativescausées par celles-ci, ainsi la question de l’efficacité et du coût des énergies renouvelables.

Bref, tout ceci pour dire que premièrement le constat initial et complexe du réchauffement du climat fait toujours débat et que, à ce seul titre, il ne devrait y avoir ni pensée manichéenne ni autant de « censure » dans le débat public ; deuxièmement, il faut faire montre de prudence avec les conséquences à tirer d’un réchauffement ambiant, en particulier à l’aune du bilan encore très mitigé des politiques écologiques.

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