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COP 21 : la charge iconoclaste d'un climato-relativiste

par jlduret 30 Novembre 2015, 20:55 Climatosceptique Climat Climato-optimistes Climato-réaliste Carbo centriste Réchauffement climatique Dérèglement climatique Changement climatique COP21 Philippe VERDIER

COP 21 : la charge iconoclaste d'un climato-relativiste

NDLR : En ces jours d'intense propagande du service télévisuel public, il est rafraichissant de lire cet interview ; il remet les choses à leur place face aux incommensurables inepties déversées par nos incompétents journalistes et "Hommes météo"

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FIGAROVOX/ENTRETIEN - Si Rémy Prud'homme ne nie pas le rechauffement climatique, il regrette que sur les questions concernant le climat se développe une pensée unique. Attention, ça va chauffer.

Professeur émérite à l'Université de Paris XII, Rémy Prud'homme a obtenu un doctorat ès sciences économiques en 1963 et passé en 1964 le concours de l'agrégation des Facultés de Droit et de Sciences Economiques, en science économique.

Il a enseigné aux Universités de Phnom-Penh, de Lille, de Paris XII, où il est en poste à l'Institut d'Urbanisme de Paris depuis 1977, ainsi qu'au MIT (Massachusetts Institute of Technology) où il a été invité comme Professeur en visite à plusieurs reprises.

Il est l'auteur de L'idéologie du réchauffement, paru le 28 octobre 2015 aux éditions du Toucan (collection L'Artilleur).

LE FIGARO. - Vous estimez que l'expression consacrée «réchauffement climatique» est impropre, et employez le terme de «réchauffisme» que vous qualifiez de «mini-idéologie». Pourquoi?

Rémy PRUD'HOMME. - L'expression «réchauffement climatique» est grammaticalement incorrecte. Elle confond l'adjectif et le complément de nom. Ceux qui l'emploie veulent parler de «réchauffement du climat», et non pas d'un réchauffement qui serait «climatique», ce qui n'aurait guère de sens. Mais il s'agit là d'un point de détail. La distinction entre réchauffement et réchauffisme est plus importante. Le réchauffement est un phénomène physique, l'élévation des températures sur la terre, qui a été de 0,6-0,8 degrés au cours du XXème siècle, avec alternance d'augmentations et de diminutions, et qui est un objet d'études scientifiques.

Le réchauffisme est un phénomène social qui s'est construit à partir du réchauffement, et qui comprend une explication, des projections de castastrophes, la désignation d'un coupable le CO2 promu au statut d'ennemi public n°1, la mise en œuvre de politiques révolutionnaires.

Le réchauffisme est un phénomène social qui s'est construit à partir du réchauffement, et qui comprend une explication, des projections de castastrophes, la désignation d'un coupable - le CO2 - promu au statut d'ennemi public n°1, la mise en œuvre de politiques révolutionnaires. Le réchauffisme présente tous les caractères d'une idéologie identifiés par Hanna Arendt: un système monocausal, une révérence/référence à la science, le contrôle par des Etats, la lutte contre un ennemi unique, l'adhésion des masses. Bien entendu, le réchauffisme n'a pas le bilan abominable des idéologies analysées par Arendt: d'où l'appellation de mini-idéologie.

Selon vous la climatologie est encore une science en formation, aux contours incertains...

Le climat est un objet scientifique très complexe, largement ignoré jusque dans les années 1980. Pour que l'étude de cet objet devienne une science comme les autres, il faut beaucoup de temps (un demi-siècle, peut être) et beaucoup d'indépendance. La climatologie n'a eu ni l'un ni l'autre. Le thème a été pris en main par des organisations internationales et des des politiciens, qui ont créé une organisation à leur main chargée de «montrer le caractère anthropique du réchauffement»; trois ans plus tard, le GIEC remettait sa copie; la science avait parlé.

Que vous inspire la mise à pied de Philippe Verdier, chef du service météo de France 2, licencié après la parution de son livre Climat Investigation, un mois avant la COP21?

Dans L'idéologie du réchauffement, terminé en juillet 2015, j'analysais la «tentation totalitaire» inhérente au réchauffisme, en évoquant le 1984 de George Orwell. Le scandaleux congédiement de Philippe Verdier apporte, hélas, une bien triste preuve de la justesse de cette analyse. Le plus lamentable d'ailleurs n'est pas tant la décision de la direction de la chaîne publique contrôlée par le pouvoir politique, que la facilité avec laquelle elle a été acceptée par les syndicats et les médias. Un mois plus tard, Madame Corinne Lepage, sur une radio publique, demandait la création d'un fichier des climato-sceptiques (elle a employé le mot de «registre»). Là encore, cette proposition extravagante est passée comme une lettre à la poste.

La promotion gouvernementale dont a bénéficié la COP21 qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre en fait-elle l'apogée diplomatique du quinquennat du président Hollande? Les accords qui seront trouvés seront-ils contraignants?

Des accords internationaux ne peuvent pas être véritablement «contraignants» . Au mieux (ou au pire), ils exercent une pression morale sur les pays qui tiennent mal ou pas du tout leurs engagements. Mais personne n'imagine les Nations Unies intervenant militairement en Chine pour punir ce pays d'ouvrir plusieurs centrales

La COP21 sera évidemment un échec.

au charbon par semaine. La COP21 sera évidemment un échec. L'objectf visé, décrété par le G8, est de diminuer de 50% les rejets de CO2 du globe d'ici 2050; c'est ça ou la fin du monde, comme on nous l'a assez seriné. La quasi totalité des pays en développement, qui rejettent actuellement bien plus de CO2 que les pays développés, ont affiché par écrit leur intention d'augmenter de beaucoup plus de 50% leurs émissions de CO2 d'ici 2030. Il sera amusant de voir comment les politiciens, les diplomates, et les médias vont s'y prendre pour présenter cet échec comme un grand succès.

Comment expliquer les anathèmes lancés sur ce qu'il est convenu d'appeler les «climato-sceptiques»? Le débat est-il encore possible?

Ces anathèmes sont faciles à comprendre. Les climato-crédules sont absolument persuadés de connaître, de détenir, et de défendre le Vrai et le Bien, et que leur croyance est la clé de la survie de l'humanité. Tous ceux qui ne pensent pas comme eux sont donc dans le Faux et le Mal, et menacent la survie de l'humanité. Les réchauffistes se font donc un devoir moral de maudire et de faire taire les sceptiques. C'est la logique de l'inquisiteur. Ce n'est pas par méchanceté, qu'il torture le mécréant. C'est par bonté, pour le sauver des flammes éternelles. Evidemment, cette attitude ne prédispose pas au débat. Le climato-crédule n'éprouve pas le besoin de débattre, puisqu'il sait ; il éprouve au contraire l'envie de censurer, pour empêcher le doute et le mal de se répandre.

Vous estimez que les médias et les religieux, en particulier l'Eglise catholique sont «réchauffistes».

En quoi Laudato Si, la dernière encyclique du pape témoigne-t-elle de l'endossement officiel de cette idéologie? La préservation de la planète n'est-elle pas un souci légitime de préoccupation?

Même le non-croyant éprouve une certaine gêne en observant ces capitulations devant l'air du temps.

Les églises, et pas seulement l'église catholique, retrouvent dans le réchauffisme des thèmes qui leurs sont chers: l'homme est coupable ; il conduit le monde et lui-même à la ruine ; seule la punition, la foi, l'ascétisme feront apparaître un homme nouveau qui pourra être sauvé. En ce qui concerne l'encyclique, elle adoube sans nuances la vision noire et apocalyptique des réchauffistes (§ 23), prône (avec le patriarche Bartholomée) le «passage de la consommation au sacrifice» (§12), écrit que «l'heure est venue d'accepter une certaine décroissance» (dans les pays riches) (§193), et va jusqu'à inviter les catholiques à «se convertir» à une autre religion, la religion réchauffiste. Dans au moins l'une édition en français, l'encyclique est accompagnée d'une préface de Nicolas Hulot, comme si le texte du souverain pontife avait besoin de cette béquille. Même le non-croyant éprouve une certaine gêne en observant ces capitulations devant l'air du temps.

Les rapports du GIEC font autorité auprès du gouvernement et des médias en matière de climat.

La légitimité de cette institution est-elle contestable?

Pour chacun des rapports quinquenaux du GIEC, le pluriel est de mise. Il y en a en effet trois. Le rapport proprement dit, en trois volumes de 1500 pages chacun, assez indigeste, et que presque personne ne lit, qui est principalement écrit par des scientifiques (même si ceux-ci sont choisis par les gouvernements, et si des militants peu ou pas scientifiques se glissent parmi eux). Un rapport résumé, d'une centaine de pages, préparé conjointement par des bureaucrates et des scientifiques. Et un résumé pour décideurs d'une trentaine de pages, pratiquement rédigé uniquement par des diplomates et des militants, qui est le seul document effectivement lu. Dans ce texte, ce sont les gouvernements qui se parlent à eux-mêmes: ils s'écoutent en effet. Il arrive que ce résumé pour décideur contredise le rapport technique. C'est ainsi, par exemple, qu'un rapport technique écrit que l'aggravation des événements extrêmes n'est généralement pas prouvée ; son résumé sur décideur en parle comme d'une certitude, et c'est ce que médias et gouvernements en retiennent.

Vous écrivez que le réchauffement de la planète est une réalité ; néanmoins vous contestez le fait qu'il serait principalement du fait de l'homme, ainsi que l'idée selon laquelle les conséquences de ce réchauffement seraient catastrophiques. Pourquoi?

Le réchauffement au cours du XXème siècle est un fait, mesuré, même si la production d'une mesure globale agrégeant de millions d'observations n'est pas un exercice évident. L'explication de cette évolution par les rejets de CO2 est une conjecture, appuyée sur une théorie assez séduisante (rejetée par certains physiciens cependant), mais assez mal vérifiée empiriquement. Du reste, le bon sens suggère qu'un phénomène aussi complexe que l'évolution des températures a (comme la plupart des phénomènes physiques ou sociaux complexes) est pluricausal, et non monocausal. Le passage de la température aux catastrophes est un autre chapitre, encore plus complexe et plus mal connu que le passage du CO2 à la température.

En quoi la «croissance verte» serait-elle une chimère?

La «croissance verte» est d'abord une trouvaille de langage. Comme tout le monde est pour le vert et pour la croissance, tout le monde est pour une économie verte qui créerait de la croissance. Mais il ne suffit pas d'accoler les deux mots pour créer une causalité.

La «croissance verte» est d'abord une trouvaille de langage. Comme tout le monde est pour le vert et pour la croissance, tout le monde est pour une économie verte qui créerait de la croissance. Mais il ne suffit pas d'accoler les deux mots pour créer une causalité. En réalité, si la lutte contre le CO2 crée bien des emplois et de l'activité dans les secteurs qu'elle subventionne, les impôts qui la financent réduisent les ressources des ménages et des entreprises et donc leurs dépenses et détruisent des emplois dans le reste de l'économie; au total, l'effet des créations d'emplois nettes des destructions d'emplois est très faible, et probablement légèrement négatif.

Si la dépense publique «créait» des emplois, la France, championne du monde de la dépense publique, n'aurait plus un chômeur depuis longtemps. Quant à l'effet sur le bien-être des ménages, il est très largement négatif. En Europe, le prix de l'électricité est d'autant plus élevé que les investissements éoliens et photovoltaïque sont importants.

Et cet effet est régressif, parce que les dépenses affectées (électricité, logement, transports) pèsent plus lourd dans le budget des pauvres que dans celui des riches. La comparaison des dépenses environnementales (vertes) avec les dépenses militaires (rouges) est éclairante: objectifs de lutte comparables, financements également étatiques, prétentions à la croissance identiques.

L'impact économique des dépenses rouges a été très étudié: il apparaît négatif. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on est conduit à penser que celui des dépenses vertes est également négatif. Pas pour tout le monde: le complexe écolo-industriel qui est le pendant du célèbre complexe militaro-industriel y trouve son compte.

Ségolène Royal a bien compris ou senti que l'écologie (elle veut dire la politique écologiste) peut être «punitive» ; elle cherche à éviter cela, mais elle a beaucoup de mal à y parvenir car la politique écologique, nécessairement faite de taxes et de contraintes, est naturellement punitive. Jean Tirole, réchauffiste convaincu, mais économiste génial (et homme honnête), est le premier à reconnaître que la lutte contre le CO2 a un prix. Il pense que ce prix vaut la peine d'être payé parce qu'il nous évitera des catastrophes épouvantables.

Pourquoi ce que vous appelez la «propagande réchauffiste» remporte-t-elle un succès populaire?

La propagande est aux idées ce que la publicité est aux produits. Ca paye.

Qu'entendez-vous par la notion d' «interventionnisme réchauffiste» des pays développés dans les pays pauvres? Le développement de ces derniers est-il réellement entravé par les normes établies par les Etats riches?

Le réchauffisme est une idéologie née, développée et répandue dans les pays riches : États-Unis, Royaume-Uni (Margaret Thatcher fut le premier leader politique converti), Allemagne, France, pays scandinaves.

Ce point est à mes yeux le point essentiel. Le réchauffisme est une idéologie née, développée et répandue dans les pays riches: États-Unis, Royaume-Uni (Margaret Thatcher fut le premier leader politique converti), Allemagne, France, pays scandinaves. Le spectacle des G8 qui se réunissent, et qui décident - vous avez bien lu: décident - pas seulement pour leurs propres pays, mais bien pour l'ensemble de la planète, la réduction de moitié des émissions de CO2, sent son néo-colonialisme à plein nez.

Pendant trop longtemps, le fossé entre pays riches et pauvres a été terrible, effrayant, et croissant. Depuis une trentaine d'années, il a enfin commencé à se combler. Aujourd'hui, les pays pauvres se développent plus vite que les pays riches. Contrairement à ce que beaucoup (le pape par exemple) pensent et disent, la misère, la faim, l'illettrisme, la maladie, la mort reculent partout, y compris au Bangladesh, en Inde, en Afrique.

Au cours des 20 dernières années, la mortalité infantile (bon reflet des revenus, de leur répartition, de l'hygiène, de l'accès aux soins, de l'éducation des femmes, de la production de nourriture) a diminué de 70% en Afrique et de 50% en Asie. Si tout s'explique par le réchauffement, comme on veut nous le faire croire, alors: vive le réchauffement! Bien entendu, le combat contre la pauvreté, qui reste encore dramatique pour bien trop de millions de personnes, est loin d'être achevé, et doit rester notre première préoccupation.

Il est la priorité des pays pauvres, bien avant le combat contre le CO2. La volonté des pays riches de réduire à tout prix les rejets de CO2 partout est donc en conflit avec la volonté des pays pauvres de se développer. Ce conflit est particulièrement aigu en matière d'électricité. Sans électricité, pas de développement. Et en Afrique ou en Inde, sans centrales à charbon, pas d'électricité.

Au nom du CO2, les pays riches prétendent empêcher les pays pauvres de construire des centrales à charbon. Ils ont tous interdit à leurs agences d'aide, et aux banques de développement internationales qu'ils contrôlent, de prêter un sou à cet effet.

Et en prime les ONG environnementales des pays riches s'opposent souvent aux barrages hydro-électriques. Laissons la parole à un Africain, Donald Kaberula, président de la Banque Africaine de Développement: «Les gouvernements occidentaux sont hypocrites; eux qui se sont enrichis avec les combustibles fossiles, disent maintenant aux pays africains: vous n'avez pas le droit de construire des barrages, ni des centrales à charbon, contentez-vous de ces renouvelables hors de prix. Les pays africains ne les écouteront pas». Avec d'autres mots, l'Inde dit exactement la même chose.

On a là les germes d'un véritable et dramatique conflit qui va éclater dans les prochaines semaines à la COP21 à Paris.

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