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Thomas Piketty, le pape anti-inégalités s’excommunie lui-même

par jlduret 25 Mars 2015, 08:46 Economie Piketty

Thomas Piketty, le pape anti-inégalités s’excommunie lui-même

On en avait parlé ici, en critiquant ses théories, il est donc logique de vous informer des dernières révélations de Thomas.

L’assourdissant retournement dont la presse française ne parle pas !

Par Daniel Girard.

On comprend mieux pourquoi l’économiste français Thomas Piketty a refusé de recevoir la Légion d’Honneur à la suite du succès international de son livre Le Capitalau XXIème siècle. L’économiste n’a jamais pensé que son ouvrage était à la hauteur des éloges dithyrambiques reçus depuis sa parution, en anglais. Thomas Piketty n’a pas seulement reçu une pluie de compliments ; il a été l’objet d’une canonisation. Pour le Nobel Paul Krugman, il s’agissait du livre le plus important de l’année, voire de la décennie.

L’ouvrage avait valu à l’économiste une rencontre avec le secrétaire au Trésor des États-Unis Jacob Lew et avec les conseillers économiques de Barack Obama. La raison du buzz ? Dans son ouvrage Thomas Piketty concluait que le capitalisme menait inexorablement à une hausse du rendement du capital supérieure à la croissance économique (r>g). Une dynamique causant des inégalités éliminant les classes moyennes. L’ouvrage a interpelé Barack Obama en lutte contre l’inégalité. La gauche américaine ne jure que par cette analyse.

Coup de théâtre

Mais voilà que, coup de théâtre, Thomas Piketty reproche aux experts d’extrapoler en lisant son livre. Dans un article qui sera publié en mai dans le magazine American Economic Review, déjà disponible en ligne, il précise qu’il a analysé les inégalités jusqu’à la première guerre mondiale, et n’a pas abordé les cent dernières années. « Je ne considère même pas que le modèle que j’ai utilisé pour analyser les inégalités jusqu’à la première guerre mondiale est l’instrument principal pour expliquer le développement des inégalités au XXIème siècle » écrit-il. L’économiste pense qu’il faut plutôt examiner de près les chocs politiques et les changements institutionnels.

L’économiste précise que sa formule (r>g) ne s’applique pas à l’analyse des inégalités salariales entre les employés et les pdg… et ni, non plus, aux inégalités entre les revenus des travailleurs. Il souligne que les qualifications, le niveau de scolarité et les mécanismes de l’offre et de la demande sont plus pertinents que (r>g) comme instruments d’analyse. En fait, ajoute-t-il, l’inégalité des richesses est devenue moins extrême qu’il y a 100 ans.

Toute une volte-face… et une claque en pleine figure pour les économistes de gauche. Surtout considérant qu’en mai dernier, Paul Krugman avait qualifié le livre de Thomas Piketty de méditation magnifique sur les inégalités, prouvant hors de tout doute que l’Amérique était de retour aux niveaux d’inégalités du XIXème siècle, au capitalisme de patrimoine, dans lesquelles les dynasties familiales priment sur les individus talentueux.

Un silence assourdissant

Comment réagit la gauche américaine (démocrate) à ce revirement ? Par un assourdissant silence. Robert Rosenkranz est le seul économiste ayant évoqué les mises au point de Thomas Piketty dans une tribune du Wall Street Journal. Pas un mot des chroniqueurs économiques du New York Times. Surtout pas de Paul Krugman. Il a délaissé l’analyse économique équilibrée depuis longtemps. Pour défendre ses vues de gauche, comme l’a remarqué le magazine britannique The Economist. N’était-il pas le seul économiste de renom à trouver que le président François Hollande gérait l’économie française avec brio ?

Comme l’inégalité sera un cheval de bataille des démocrates aux présidentielles, et comme l’oeuvre de Thomas Piketty continue de faire le bonheur des départements de science économique des grandes universités américaines, on entendra à peine une mouche voler dans ce dossier. Mais au moins, Thomas Piketty aura eu le courage de s’élever contre ceux qui poussaient ses conclusions économiques trop loin. Il ne sera pas entendu. Pour bien des gens, ignorer la vérité leur permettra d’éviter la douleur de reconnaître avoir investi dans ce qui n’était pas vrai.

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