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La Poste expérimente la livraison à domicile avec Geodrone

par jlduret 27 Mars 2015, 19:23 drones drones de livraison

La Poste expérimente la livraison à domicile avec Geodrone

Depuis l’automne 2014, sa filiale Géopost teste le Geodrone, un appareil doté de 6 rotors électriques transportant un colis (40 x 30 x 20 cm) de 4 kg sur une distance maximale de 20 km. L’expérimentation a lieu au Centre d’Études et d’Essais pour Modèles Autonomes (CEEMA) à Pourrières, dans le Var. Le vol aller/retour et la livraison complètement autonomes du Geodrone sont suivis par une station de contrôle qui peut le reprendre en main en cas de dysfonctionnement ou d’urgence.

À l’image du Paketkopter (DHL) desservant l’île de Juist au nord de l’Allemagne, le Geodrone sera d’abord et surtout destiné aux zones éloignées et/ou isolées (arrière-pays, montagnes, îles, etc) et aux situations d’urgences (catastrophes naturelles, risques sanitaires ou industriels). Toutefois, votre facteur a encore de beaux et longs jours devant lui, le survol des zones urbaines étant interdit par la loi française et le vol des appareils sans pilote demeurant fortement réglementé.

En effet, toute société souhaitant utiliser des drones à des fins logistiques ou commerciales doit préalablement recevoir l’aval de la direction générale de l’aviation civile (DGAC) et consulter le ministère de la défense… qui n’a pas mâché ses mots lors d’une session parlementaire en mi-2014 :

« En effet, les garanties en matière de sécurité aérienne ne seraient par hypothèse pas suffisantes au regard notamment des conditions d’utilisation des aéronefs militaires et des aéronefs d’État qui peuvent être amenés à évoluer à basse altitude au titre des missions militaires ou de service public, d’assistance ou de sauvegarde des personnes qu’ils accomplissent. Des drones commerciaux […] partageraient alors le même espace aérien que les aéronefs utilisés par les services de l’État et ne pourraient respecter le principe « voir et éviter » qui constitue une règle fondamentale de prévention des accidents entre aéronefs. Les risques de collision pour ces aéronefs seraient donc accrus, d’autant plus qu’aucun système, embarqué ou non, n’est en mesure aujourd’hui de les réduire. »

Aux États-Unis, la firme Amazon a du céder face à la Federal Aviation Administration (FAA) et faire une croix sur son projet Prime Air de livraison par drone.

(NDLR: cette information n'est pas correcte, Amazon a commencé les tests ; à lire ici sur le Blog)

Les survols réguliers de sites sensibles (centrales nucléaires, zones militaires, Élysée, Maison Blanche) par de mystérieux drones sont passés par là et la crainte d’une utilisation de ces engins par des groupes terroristes ou criminels imprègnent les esprits. Outre les aspects sécuritaires, la Poste doit garantir la livraison à ses clients et protéger ses drones contre les piratages et les accidents. Que faire en cas d’une rupture de liaison avec un drone livreur ou d’un crash sur le pare-brise d’une automobile ?

En réalité, les contraintes du drone de livraison sont quasiment identiques à celles du drone-ambulance : réglementation, sûreté, sécurité, responsabilités, assurances, etc. Malgré sa très rapide évolution technologique, la “dronautique” professionnelle/commerciale doit encore gagner en maturité économique et juridique. Question à basse altitude : comment forger de véritables retours d’expérience en étant soumis à une réglementation un peu trop corsetée.

Par Charles Bwele.

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