Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La vieille France rentre en guerre contre les vilains MOOC

par jlduret 3 Janvier 2014, 12:10 MOOC

La vieille France rentre en guerre contre les vilains MOOC

La création d’un nouveau collectif anti-MOOC.

Pour rappel, un MOOC est une forme d’éducation où des cours sont donnés en ligne, la plupart du temps en libre accès, avec une partie « magistrale » généralement composée d’une vidéo ou d’une présentation parfois animée, sur internet, et d’une partie interactive où les personnes qui ont choisi d’assister et de participer au cours peuvent échanger entre elles.

Cette dernière peut avoir lieu dans un lieu physique, éventuellement sous la forme d’une classe ou d’un amphithéâtre, ou bien avec les moyens modernes de partage au travers d’un canal d’échange (IRC par exemple). Actuellement, des bibliothèques de vidéos impressionnantes se constituent, contenant des centaines de cours sur des douzaines de sujets différents.

Ces bibliothèques existent pour la plupart en anglais, mais des initiatives françaises sont apparues et comblent leur retard.

Distribution du savoir alternatif

Autrement dit, on assiste à l’apparition d’une forme alternative de distribution du savoir, bien au-delà de ce que peuvent faire l’Université ou l’école typique de nos aïeux. Dans ce cadre, le savoir est distribué, facilement accessible, disponible à toute heure du jour et de la nuit, où que l’on soit, y compris depuis un lit d’hôpital, dans des pays très éloignés des professeurs.

On comprend sans mal le changement révolutionnaire qu’apportent les technologies dans le domaine de l’éducation puisqu’elles cassent la barrière des distances et du temps, qu’elles permettent une interaction très poussée tant avec les autres élèves intéressés par la matière qu’avec une quantité impressionnante d’enseignants qu’il était impossible d’imaginer aborder dans le cadre traditionnel des Universités d’antan.

La France recroquevillée

En France, pays de plus en plus recroquevillé sur lui-même est terrorisé e à l’idée d’innovation et de disparition des corporatismes, cette révolution ne pouvait bien évidemment pas se passer sans heurts et sans de vigoureuses manifestations de désapprobation. C’est donc chose faite avec ce Collectif Anti-MOOC à côté duquel Libération, ne pouvait passer sans en relayer bruyamment la lutte d’arrière garde.

Oui, vous avez bien compris : comme une solution élégante et pratique à la distribution du savoir se dessine clairement dès à présent, que les clients pardon élèves en sont directement bénéficiaires, il était temps pour les habituels syndicats d’agir pour sauver leurs meubles. C’est ainsi que le Collectif anti-MOOC, patchwork bigarré des restes de mai 1968 et des Solidaires Étudiants ou l’UNEF, est violemment monté au créneau du bastion éducationnel français pour en défendre chaque millimètre carré avec fougue.

Arguments consternants

Grâce à une enfilade d’arguments consternants, le collectif entend donc, je cite,« (s’)oppos(er) fermement à la mise en place des Mooc, qui poursuit la politique néolibérale conduite dans l’enseignement par les ministres Valérie Pécresse et Geneviève Fioraso. »

Et pour ce genre d’olibrius, les MOOC représentent en effet l’aboutissement catastrophique d’une évidente dérive : comme ils le font remarquer tout le long de leur pesant billet, les initiatives à la base de ce concept sont privées, d’une part, ce qui les frappe immédiatement d’infamie, et sont d’origine américaine d’autre part, ce qui constitue probablement l’un des pires crimes qui soient.

Pire, selon nos dinosaures , l’apparition de ces cours en ligne aboutira à l’uniformisation de l’éducation, chose qui est très très mauvaise lorsqu’elle provient du privé. Charge au lecteur de comprendre pourquoi une telle uniformisation apparaîtrait soudain, alors que si internet a bien prouvé quelque chose depuis 30 ans, c’est qu’il permettait l’éclosion incessante de nouvelles applications, de nouveaux concepts, de nouveaux paradigmes majeurs, bref l’antithèse même de l’uniformisation.

Cétémieuhavan

Et bien évidemment, en filigrane des gémissements plaintifs de ce Collectif anti-progrès, on trouve l’éternelle bataille du Cétémieuhavan, dans laquelle ils ne s’embarrassent pas de réalité et mentent ouvertement en pipeautant que les MOOC restreindront la pédagogie à la seule production figée d’un cours sans interaction entre le professeur et sa classe (ce qui est faux, on l’a vu), le tout enrobé dans une « liberté pédagogique qui n’aura plus de sens ».

Oui, nous sommes en 2014 et nous avons toujours, en France, nos fabricants de chandelles qui luttent pied à pied contre les ampoules électriques plutôt que d’en vendre.

A la lecture de leurs ratiocinations, on comprend intuitivement que leurs cris pour empêcher le développement des MOOC donnent de véritables lettres de noblesse à cette révolution pédagogique car si ces conservateurs trouvent ça si abominable, c’est que cela peut effectivement saboter leur pouvoir, leurs manigances et leur emprise, et c’est donc probablement indispensable pour sortir l’Éducation Nationale de son Univers poussiéreux.

__

REECRIT

commentaires

Haut de page